Comment la France est-elle tombée si bas ?
 
 

L’équipe de n’a jamais dominé son sujet lors de cet Euro. En deux ans, malgré une série de 23 matchs sans défaites, elle n’a jamais impressionné, ni même séduit les supporters. Sur ces derniers matchs, dont deux défaites, il n’a fallu qu’un leader technique comme Ibrahimovic et une équipe espagnole, moins en jambes, pour désorganiser et battre une faible équipe de . Examinons le mode de fonctionnement de cette équipe.

En poste depuis deux ans, Laurent Blanc a pris en main une équipe malade après la Coupe du Monde 2010, épisode malheureusement inscrit dans l’Histoire du football. Pour repartir de zéro, il a décidé de mettre en place une gestion de club en sélection. À ce moment, son objectif était de construire une équipe en se limitant à une trentaine de joueurs, quelque soit leurs performances en club. En effet, son objectif était de créer un groupe solidaire où primerait des automatismes. Les joueurs n’ont pas eu de réels tests pendant ces deux années. Ils sont tombés dans une suffisance en se basant sur une série de victoires dans laquelle le seul coup d’éclat était une victoire contre l’Allemagne.

En fermant la sélection à un groupe de joueurs qui reste dans l’illusion d’être une bonne équipe de football, Laurent Blanc ne laisse pas de place à une vision extérieure, plus réaliste, pouvant venir d’autres joueurs comme Rio Mavuba, Jérémy Mathieu. En retirant cette possibilité, le sélectionneur devait absolument trouver un capitaine pour tenir la barre du navire Bleu. Le capitanat doit être tenu par un joueur charismatique qui se fait respecter par sa place de titulaire et son palmarès en club. Le seul joueur français qui se rapproche de ce profil est le latéral gauche du FC Barcelone, Eric Abidal. Etant forfait pour l’Euro, Laurent Blanc a du jongler entre plusieurs joueurs. Personne n’a convaincu, preuve d’instabilité. Le choix final s’est orienté vers Hugo Lloris. Meilleur joueur français de cet Euro, il se rapproche le plus des caractéristiques précitées. Cependant, un point joue en sa défaveur : son aura. Dans un groupe où les « cadres » jouent et pensent de manière individuelle le message du capitaine ne peut passer qu’avec les nouveaux sélectionnés qui n’ont pas d’influences sur le groupe.

Des joueurs peuvent être autonomes, s’ils respectent les règles tactiques imposées par le sélectionneur. En équipe de France, nous avons pu remarquer la suffisance tactique et l’absence des prises d’initiatives collectives. Ceci nous a amené à une qualification très compliquée pour les quarts de final de l’ et une défaite sans contestation contre l’Espagne.

Ribéry a commenté la défaite après l’Espagne hier : « Je suis triste comme tout le monde. C’est le football. On n’a pas à avoir beaucoup de regrets, surtout par rapport au match de l’Espagne. Je pense qu’on a fait un bon match. On est quand même content. On atteint les quarts de finale. Ça faisait six ans qu’on n’avait pas passé le premier tour. Il faut garder la tête haute et avancer ». Voici le résumé des ambitions et de l’état d’esprit de notre équipe nationale.

Victor Delcroix 

Continuer la lecture

Tags