Le sport a longtemps lutté contre l’inégalité hommes-femmes. Un combat acharné, qui aujourd’hui, a abouti à un équilibre paritaire. Les Jeux Olympiques sont le symbole de cette réussite. Un thème dans le sport résolument enterré qui fait désormais place à un nouveau sujet de discorde : l’homosexualité dans le milieu sportif. Actusports se penche plus précisément sur l’homosexualité au sein du football. Quid de l’homophobie dans le milieu du ballon rond ?
Le sujet tabou de l’homosexualité fait parti des discussions mises au goût du jour en politique ; faut-il autoriser le mariage homosexuel en France ? Une question qui reste pour l’instant en suspend. Parallèlement à ce débat politique, le milieu sociétal qu’est le football connaît lui aussi un regain d’énergie concernant la question de l’homosexualité ou plutôt se mobilise dans le but de faire changer les mentalités sur ces personnes ayant une attirance pour leurs concitoyens du même sexe. Une homosexualité mal assumée dans le milieu du football qui laisse place à des discriminations sans état d’âme. Peut-on accepter ces injures et ces répugnances au 21e siècle ?
Yoann Lemaire : Le football est à l’image de l’homme, capable du meilleur comme du pire.
Quand on parle de football, on évoque le sport le plus populaire du monde, « l’opium du peuple » .
Le ballon rond engendre une ferveur et une mobilisation sans pareille. Il lève les foules, fait vibrer des millions d’hommes et femmes partout à travers le monde.
L’engouement de ce sport s’explique par son accessibilité qui se joue aussi bien dans les banlieues populaires que dans les stades les plus prestigieux.
Mais le pire crève les yeux, aujourd’hui plus qu’hier. Alors que le sport est censé véhiculer des messages positifs comme la discipline, le sens de l’effort, la solidarité, la fraternité, la tolérance et le respect de l’autre. Le football, avili par l’argent, semble s’éloigner de ses valeurs premières.
Ludique à la base, le football apporte à tous des moments de joies et d’émotions. Cependant cette conception a évolué. Le football est ainsi devenu un produit commercial, qui touche évidemment le milieu professionnel, mais gagne du terrain chez les amateurs.
L’amateurisme reflète le milieu professionnel. Les joueurs s’identifient aux joueurs professionnels surmédiatisés, ce qui génère souvent un ego surdimensionné, et une agressivité désolante. L’attrait de l’argent est presque devenu banal pour de trop nombreux amateurs, jusqu’au niveau le plus insignifiant. L’individualisme et le profit n’en ressortent que plus grands.
On peut y voir un certain reflet de la société et de tous ses maux. Le football, devenu un vrai phénomène de société, constitue plus encore un des enjeux économique et politiques qui régissent nos sociétés modernes.
» Qu’est-ce qu’un metrosexuel ? Des pédés dans l’équipe nationale ? C’est leur affaire. Mais j’espère que non ».
La virulence de ces moqueries s’avère peu encline à ouvrir un débat sur l’homosexualité dans le football. Par cette déclaration fracassante, Antonio Cassano, attaquant de l’équipe nationale d’Italie, affole les associations homosexuelles. Ces propos ont-il été mal interprétés comme s’en défend Cassano, ou pense-t-il tout haut ce que les footballeurs pensent tout bas ?
Y.L : Journalistes, sportifs, dirigeants ou sponsors ne pensent pas être concernés par l’homosexualité, trop longtemps minimisé.
A priori, beaucoup de joueurs ne veulent pas jouer au football avec un gay, et encore moins partager les moments intimes des vestiaires. Et ils le disent, publiquement.
A ce propos, notons combien les amateurs de football, comme les professionnels, usent d’un langage insultant et souvent homophobe, et ce, sans même s’en rendre compte. Cet état de fait est loin d’être anodin car il dévoile de manière sous-jacente le rejet de l’homosexualité dans le football et condamne au silence bon nombre de ses partisans.
Pour illustrer mon propos, j’ai relevé les chiffres d’études récentes : plus de la moitié des sportifs masculins interrogés (50,6%) ont déclaré avoir des attitudes ambiguës ou négatives envers les gays et le recours au suicide est plus fréquent chez les jeunes homosexuels que dans la population jeune en général.
Les mentalités semblent figées à une époque lointaine où la liberté de pensée était entravée. Le football est-il seulement réservé aux hétérosexuels ? Le sport doit-il faire le distinguo des sexes ? Néanmoins l’homophobie n’a pas sa place au coeur du débat footballistique où l’heure est au bilan financier, et au mercato. Le football reste avant tout un sport où la mixité culturel règne.
En conclusion, que peut-on faire pour mettre en avant cette situation inégalitaire ?
Y.L : Depuis seulement quelques années, l’évolution du football à fait émerger une notion encore inconnue jusqu’ alors. La question de l’homophobie dans le sport. Peu d’individus n’ont osé aborder ce sujet, resté tabou. La question et le problème ne se posent même pas. D’après eux, il n y a tout simplement pas d’homo dans le foot… Ils nient la réalité.
La presse a un rôle essentiel dans ce sujet, et grâce à elle, les joueurs, entraineurs et présidents sont plus ou moins obligés de faire des efforts.
le débat s’est donc ouvert.
Heureusement, on n’imagine pas un joueur dire : « Je ne veux pas jouer avec lui car il est noir » alors nous devons pas tolerer un jour qui dirait « je ne veux pas jouer avec lui, car il est gay » …
Le racisme, sexisme, antisémitisme et L’homophobie font partie du même processus.
Seul la LFP par le biais de Fréderic Thiriez agit concrètement contre l’homophobie dans le foot. Hélas, la FFF n’est pas encore pris conscience du problème.
Florian Gautier – avec Yoann Lemaire
Yoann Lemaire est le symbole de la lutte contre l’homophobie dans le football. En effet, il est l’un des rares joueurs à avoir publiquement dévoilé son homosexualité.


