Après une semaine de compétition, l’Euro 2012 a déjà délivré ses premiers enseignements et fait ses premières victimes à commencer par l’un des deux pays organisateurs, la Pologne.
Il y a encore quelques mois, de gros doutes pesaient sur l’organisation et la tenue des délais concernant les stades, notamment pour l’Ukraine, Platini lui-même faisait part de ses inquiétudes. Force est de constater qu’après 8 jours, et dix-huit matchs, tout s’est très bien passé. Les stades tous aussi beaux les uns que les autres ont très souvent affichés complets, avec des ambiances festives et bon enfant. Songeons par exemple à la magnifique leçon de fair-play, de fierté et de dignité donnée par les supporters irlandais malgré leur défaite 4-0 face à l’Espagne, synonyme d’élimination. Les fans des verts ont entonné de superbes chants lors des 10 dernières minutes du match, et quitté ainsi la compétition sur une très belle note. A l’exception des incidents entre hooligans russes et polonais, la sécurité des milliers de spectateurs a été très bien assurée.
D’un point de vue essentiellement sportif, cet Euro 2012 peut d’ores et déjà se vanter de ne pas avoir encore connu de 0-0. Avec 48 buts, on n’assiste pas pour autant à un festival offensif. Côté buteurs l’allemand Gomez et le russe Dzagoev sont pour l’instant en tête avec 3 réalisations chacun. Malgré ce constat, les spectateurs et téléspectateurs ont pu suivre des rencontres de très bonnes factures ou au scénario haletant. La Russie, éliminée ce soir, avait donné le ton dès le premier jour en infligeant une correction à la République Tchèque 4-1. L’Espagne s’est à son tour fait plaisir contre l’Eire 4-0. Songeons également aux rencontres Danemark-Portugal et Suède-Angleterre, achevée sur le même score de 2-3, et qui nous ont tenu en haleine par leur suspense. On a également eu droit à de magnifiques buts comme la frappe du gauche du polonais Jakub Blaszczykowski face à la Russie, le coup franc magique d’Andrea Pirlo crucifiant le gardien croate ou encore la talonnade astucieuse de Danny Welbeck contre la Suède.
Mais un Euro n’est pas totalement réussi quand les grosses équipes ne sont pas au rendez-vous. A l’heure d’aujourd’hui, les deux grands favoris de la compétition, l’Espagne et l’Allemagne sont bien partis et semblent monter en puissance. Les allemands profitent d’ailleurs du gros coup de mou d’un autre favori à savoir les Pays-Bas, déjà au bord de l’élimination. Les autres grandes nations, outsiders de la compétition connaissent pour l’instant des fortunes diverses: l’Italie est en fâcheuse posture avec seulement 2 points en 2 rencontres, la Russie est sortie ce soir face la Grèce (en compagnie de la Pologne, de l’Eire et de la Suède), le Portugal joue à quitte ou double demain mais la France et l’Angleterre semblent entamer un renouveau dans le groupe D. Les bleus se sont rassurer hier soir face à l’Ukraine et sauf catastrophe, devraient atteindre leur objectif des quarts de finale.
Si cet Euro est pour l’instant exemplaire dans l’esprit et dans l’organisation, on attend désormais que les équipes se lâchent davantage, notamment les favoris pour enfin voir des rencontres de haute volée… Les quarts de finale qui se profilent devraient tenir, on l’espère, toutes leurs promesses.
Guillaume Thomas





