Battu dès son entrée en lice au tournoi du Queen’s par le français Nicolas Mahut (3/6 7/6 6/7) alors qu’il avait remporté les trois dernières éditions du tournoi, l’écossais Andy Murray n’en finit pas de vivre une saison décevante. Décryptage.
Si, comme il l’a suffisamment montré sur la terre battue parisienne, des problèmes de dos étaient effectivement à l’origine de ses mauvais résultats, tout se comprendrait. Mais ça n’a visiblement pas l’air d’être le cas et Andy Murray vit une saison très difficile, ponctuée d’échecs qui ne correspondent pas à son rang de numéro quatre au classement ATP. L’écossais n’est pas le même joueur que l’an passé, vivace et agressif, et semble lessivé. Pourtant, après un mois de janvier tonitruant marqué par un titre à Brisbane et un parcours très solide à l’Open d’Australie jusqu’en demi-finale, sa saison s’annonçait grandiose, presque même une consécration. Erreur. Du moins pour l’instant.
Sa saison délicate se remarque par ses parcours en masters 1000, dont des éliminations prématurées. A Indian Wells, il s’agit presque d’une humiliation, balayé dès son entrée en lice par l’espagnol Garcia-Lopez en deux sets secs (4/6 2/6). Si l’écossais parvient jusqu’en finale du master de Miami, largement perdue face à Novak Djokovic (1/6 6/7), notez bien qu’il a bénéficié du forfait de Milos Raonic au troisième tour puis de celui de Rafael Nadal en demi-finale, d’où un triomphe sans gloire. Murray a ensuite déclaré forfait pour les master de Monte-Carlo et de Madrid à la suite d’une blessure au dos. Enfin, il n’a pas pesé lourd face au français Richard Gasquet lors du troisième tour du master de Rome, battu en trois sets (7/6 3/6 2/6).
A Roland-Garros, il se fraye miraculeusement un chemin jusqu’en quarts de finale après avoir été bien malmené par Richard Gasquet au tour précédent, mais cette fois-ci l’écossais a pris sa revanche en s’imposant difficilement. Mais en quarts, pas de nouvel exploit et le britannique sort du tournoi après un match survolé par son adversaire, l’espagnol David Ferrer (4/6 7/6 3/6 2/6). Il peut se plaindre de son dos, mais il n’a pas à trop chercher d’excuses : malgré son dos fragile, il n’est pas le même homme que la saison précédente, il n’est pas le Angry Murray redouté sur le circuit qui avait atteint les demi-finales à Roland-Garros en 2011. Il est moins fort.
Son parcours relativement court sur le gazon londonien du Queen’s n’est qu’un aveu de faiblesse, le triple vainqueur du tournoi et tenant du titre éliminé dès son entrée en lice par le français Nicolas Mahut, un joueur qui peine à se maintenir dans le top 100, est bien plus qu’une déception. C’est anormal, et cela malgré la grande forme dans laquelle se trouve Mahut. Wimbledon approche, sans doute un tournant décisif pour la saison d’Andy Murray. L’an passé, il avait atteint les demi-finales avec brio. Cette saison, la performance s’annonce dure à reproduire. Mais cela reste une occasion pour se racheter.
Etienne Adeline


