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A l’époque où la « com » est reine

La fédération française de foot et surtout son département communication doivent se mordre les doigts ce matin. En effet, le travail accompli durant ces deux dernières années pour redorer le blason bleu est tout simplement colossal : consignes d’interview, affaire des casques, tifo, drapeaux, banderole, choix de l’hôtel, gestion des primes… Tout y passe. Noël le Graët, on aime ou on n’aime pas, a fait du bon boulot côté image même si on peut lui reprocher la gestion du renouvellement de contrat de Laurent Blanc.

Après la série d’invincibilité, les bons matchs de préparation et surtout la communication de la fff on pensait l’épisode Afrique du Sud mis en sommeil. Mais Boum ! Patatra ! La 39ème minute de cette confrontation face aux anglais réduit à néant 2 ans d’efforts, Nasri, en une phrase, a démoli le travail de dizaines de communicants. Avec ces mots, le marseillais a réanimé le traumatisme de Knysna et réveillé les vieux démons. Quel dommage en ce début de compétition de relancer ce débat alors que tous les sondages montraient justement une sensible augmentation de la cote d’amour des bleus.

Au pays de la polémique moralisatrice !

C’est bien entendu au nom de la « Morale » que les observateurs se sont indignés hier soir. N’est-il pas facile de juger une réaction sur un but du haut des tribunes ou devant son poste de télévision ? Condamner sans chercher à comprendre, à analyser ?

Alors certes, de tous les bleus sur le terrain hier soir, Nasri n’est pas forcément celui qui a affronté le plus de critiques que ce soit pendant les matchs de qualification ou de préparation. Toutefois les attentes le concernant sont énormes au regard de son talent, on se souvient de la première joute verbale par presse interposée entre lui et le sélectionneur. Ces attentes, cette pression auxquelles il faut ajouter les critiques constructives sur le ralentissement du jeu, ont bien fait monter la frustration. Alors on le sait tous, Nasri a un égo important mais quel grand joueur n’en a pas ? On a tous en mémoire la célébration du but de Dugarry lors du match d’ouverture du mondial 98. Il est vrai que Duga, en son temps, n’avait pas associé de mots à sa grimace et qu’il était réellement conspué aussi bien par le public (Dugachis) que par les journalistes. Marquer un but en phase finale d’une compétition internationale constitue une montée d’adrénaline telle que la réaction est forcément corrélée à l’état psychologique du joueur en question (revanchard). Alors oui les mots sont inappropriés mais, que diable, parlons foot !

Nasri a été élu homme du match par l’UEFA hier soir, il a parcouru environ 12 bornes et sauvé la patrie en égalisant d’une frappe somptueuse. N’est-il pas plus judicieux de s’interroger sur son placement voir même son positionnement plutôt que de faire un roman sur sa réaction? Aligné sur le flanc droit de l’attaque par Laurent Blanc, Nasri a passé son match à repiquer dans l’axe ce qui a eu pour conséquence d’isoler Debuchy, auteur malgré tout d’un bon match. Stratégie validée par le président, on ne peut donc lui reprocher de suivre les consignes.

Loin de l’idée de fermer les yeux sur ce comportement, il paraît tout de même plus sage d’approfondir l’analyse du sportif, voir même du psychologique. N’oublions pas que nous avons à faire à un jeune homme de 24 ans sur qui reposent, en partie, les espoirs de millions de .

Emmanuel Boisserie

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