Hier soir, à l’Allianz Arena, les blues de Chelsea ont remporté la première Ligue des Champions de leur histoire en venant à bout du Bayern Munich aux tirs au but (1-1, 4-3 t.a.b.). Ils succèdent ainsi au FC Barcelone. Les bavarois peuvent nourrir de gros regrets car ils se sont procurés de nombreuses occasions pour tuer le match mais sans toutefois y parvenir, même devant leur public. Didier Drogba, auteur du but égalisateur, est le héros du match.
Chelsea a donc déjoué les pronostics. Les blues sont à présent au sommet du football européen, au terme d’une finale pourtant dominée de bout en long par le Bayern. Mais les bavarois, maladroits, n’ont ouvert le score que trop tardivement et en ont vu les conséquences : ils ne sont pas sacrés devant leur public. Une grande désillusion mais qui paraît logique au vu du sérieux de Chelsea tout au long de la rencontre.
Les statistiques sont impressionnants : ils reflètent la domination allemande mais surtout leur maladresse. Ainsi les bavarois détenaient 60 % de possession de balle, se sont procurés durant la rencontre vingt corners contre un pour Chelsea et ont frappé trente-cinq fois aux cages pour seulement 20 % de tirs cadrés. Une inefficacité offensive qui a payé.
Quatre-vingt minutes vierges
Le Bayern a dominé dès le coup d’envoi de la rencontre. Les allemands n’ont pas perdu de temps pour imposer leur style de jeu et s’installer dans le camp adverse. Mais contre toute attente, ils n’ont cessé de pêcher dans le dernier geste, malgré des actions bien construites, un manque de réalisme qui ne les ressemble pas, sans doute du à la pression du match. A la vingt-et-unième minute, Robben se présente seul face à Petr Cech mais manque sa frappe que le portier londonien peut dévier sur sa transversale. Première alerte pour Chelsea mais peu inquiétante au vu de la maladresse de Ribéry et de ses coéquipiers. A la trente-sixième minute, Muller réalise une belle reprise de volée sur un service de Contento venu de l’aile gauche mais sa frappe manque de peu le cadre. C’est donc sur un score nul et vierge que les deux équipes quittent la pelouse de l’Allianz Arena. Seule occasion pour Chelsea : une frappe de Kalou à l’issue d’un beau mouvement collectif londonien. Des maladresses causées par une organisation défensive des Londoniens, impeccable.
Le scénario reste inchangé pour la suite du match. Des occasions qui n’en finissent pas pour le Bayern mais une défense de Chelsea qui tient bon. Et au fil du match, le doute s’installe dans les têtes des joueurs bavarois. Cole et ses coéquipiers ne flanchent pas, tout le stade se dit alors que la tactique de Di Matteo, très similaire à celle employée face au Barça, est en train de porter ses fruits, encore une fois. Mais au vu des quatre-vingt premières minutes, personne ne pouvait prédire la suite du match, complètement folle.
Dix minutes de folie
Le match s’est emballé à partir de la 83′. Sur un service de son capitaine, Phillipe Lahm, Tomas Muller libère un stade en fusion d’une tête piquée un brin chanceuse qui fait mouche en heurtant la transversale (1-0, 83′). Un immense soulagement pour toute une équipe, tout un club, tout un stade. Mais gare à l’excès de confiance. A sept minutes de la fin d’un match, rien n’est jamais joué. Surtout face à Chelsea.
Cette phrase, Boateng n’a pas l’air de l’avoir comprise. Drogba, oui. Sur l’unique corner de la rencontre pour Chelsea, l’ivoirien s’est aisément libéré de son marquage pour catapulter le cuir au fond des filets de Neuer d’une tête surpuissante (1-1, 88′). La main gauche de Neuer n’aura rien fait : Chelsea revient dans le match et relance le suspense !
Une victoire arrachée aux tirs aux buts
Dès le début de la prolongation, le Bayern se procure une occasion inespérée pour reprendre l’ascendant du match. Drogba commet une petite faute dans sa surface sur Ribéry (94′), contraint à sortir sur blessure. L’Allianz Arena retient son souffle : un deuxième but pourrait être synonyme de victoire. Robben s’élance… mais son tir peu puissant est stoppé par un Cech héroïque !
Ce penalty manqué, Robben ne l’a peut-être pas encore digéré. Un coup de tonnerre s’est abattu à Munich et les bavarois n’ont cessé de commettre des erreurs sur le terrain après ce manqué. Les minutes ont ensuite défilé jusqu’à la cent-vingtième minute : tirs aux buts !
Pas de répit pour les joueurs ni pour les spectateurs. La tension est à son comble : Qui va donc remporter cette édition de la Ligue des Champions ? Chelsea débute mal la séance : Mata manque son penalty, stoppé par Neuer. Le public londonien était en plein cauchemar jusqu’à la quatrième tentative bavaroise. Olic tire dans les gants de Cech, le moment fatidique est donc relancé ! Douche froide à l’Allianz Arena, qui s’ajoute à un nouveau manqué pour le Bayern : Schweinsteiger tire sur le poteau. Didier Drogba se prépare : il peut offrir le titre à son équipe si son tir au but trompe Neuer. Il place un ballon chargé d’histoire… et tire aux fond des filets ! Chelsea est champion d’Europe !
Il faut rendre hommage aux deux équipes terriblement solides sur le plan défensif, dont les acteurs n’ont pas été récompensés à leur juste valeur. A noter, que cette finale disputée à domicile a apporté une énorme pression aux Munichois.
Di Matteo aura donc réalisé une fin de saison exceptionnelle avec Chelsea. Non seulement le stratège italien a relancé le club, mais en plus il l’a mené au sommet de la Coupe aux grandes Oreilles. Les blues peuvent également remercié un Drogba héroïque, auteur de l’égalisation londonienne et du dernier tir aux buts. Le Bayern n’a donc pas remporté leur finale à domicile tant espérée, et conclue leur saison par un nouvel échec. Pour Chelsea, il s’agit de leur première Ligue des Champions, et leur sixième place en Premier League n’y fait rien : ils défendront leur titre la saison prochaine !
Etienne Adeline


