Une fois n’est pas coutume, le portrait d’Actusports est consacré cette semaine à un défenseur, le tunisien du TFC, Aymen Abdennour.
Eté 2011, l’emblématique défenseur et capitaine du Toulouse FC, fer de lance d’une des meilleures défenses de Ligue 1, l’argentin Mauro Cetto prenait la direction de l’Italie et de Palerme. Pour le remplacer, le président Olivier Sadran est alors allé chercher un illustre inconnu, le tunisien Aymen Abdennour. Un pari pour les haut-garonnais? Pas tant que ça, car en y regardant de plus près ce grand gaillard d’1m87 pour 84 kg âgé seulement de 22 ans jouissait déjà d’une belle côte dans son pays.
Né en 1989 à Sousse, Aymen a débuté sa carrière professionnelle en 2008 dans le club phare du pays, l’Etoile du Sahel. Un an et demi plus tard, il s’envolait déjà pour l’Allemagne et un prêt de 6 mois au Werder Brême. Sans parler la langue et évoluant dans un poste d’arrière gauche qu’il affectionne moins, Abdennour ne convainc pas les dirigeants du club du nord de l’Allemagne de lever l’option d’achat, et repart à Sousse. De cette expérience, le tunisien n’en garde pas que des mauvais souvenirs: « J’ai beaucoup appris. J’ai joué dans un très grand club, aux côtés de très grands joueurs tels que Pizarro, Özil, Finks, Mertesacker et Naldo. Ça m’a forcément servi « . Après une nouvelle saison à l’Etoile du Sahel, et un championnat d’Afrique des nations glané avec l’équipe nationale, une nouvelle chance de jouer en Europe se présente pour lui quand les dirigeants du Téfécé le contacte en 2011 et le font signer pour 450 000 euros.
Arrivé à 22 ans dans la Ville Rose, Aymen Abdennour se révèle être, après moins d’une saison, une véritable bonne pioche pour les pitchounes. Placé dans l’axe aux côtés de Daniel Congré, il rayonne et impressionne de maîtrise. Robuste, âpre mais propre dans les duels comme dans ses relances, le tunisien a déjà fait oublié Mauro Cetto qui de son côté n’ayant pas convaincu les siciliens de Palerme est déjà revenu en France , à Lille au mercato hivernal. A la tête de la meilleure défense de Ligue 1 avec seulement 24 buts, Abdennour s’est aujourd’hui parfaitement fondu dans le collectif toulousain, une équipe bien huilée qui joue les troubles-faites et vise les places européennes. Déjà auteur de deux buts à Sochaux puis à Marseille en 2012, le solide défenseur fait désormais l’objet de convoitises et a vu sa valeur marchande grimper en flèche en quelques mois. Le jeune joueur rêve d’ailleurs de Première League ou de Liga mais reste concentré sur son objectif avec le TFC, à savoir la Ligue Europa. Sentant son protégé dans le viseur de grosses écuries européennes comme Lyon, Everton, Chelsea ou Arsenal, Olivier Sadran a fait prolongé l’international tunisien (11 sélections avec les Aigles de Carthage) jusqu’en 2016. Mais nul doute qu’avec son talent, Aymen Abdennour ne tardera pas à découvrir le haut niveau continental.
Guillaume Thomas




