Interview du président de la Fédération des Sports et Loisirs Canins

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février 16, 2012
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La FSLC contribue au développement du canicross. Sans cette dernière, nous n’aurions pas eu une telle évolution de ce sport. Afin de cerner l’importance de cette structure, Actusports a rencontré le président de cette fédération : Yvon Lasbleiz.

Actusports : Bonjour pouvez-vous vous  présenter ? 

Lasbleiz Yvon : Lasbleiz Yvon, âgé de 59 ans adepte du canicross depuis 1990 et depuis 4 mois du canivtt, actuellement 5 chiens sont présents à la maison Niouky un croisé Anglo-français qui va sur ses 14 ans qui coule une retraite bien méritée , Ultra un Braque Allemand de 8 ans en semi retraite que je confie régulièrement sur les compétitions soit de canicross ou de canivtt, le chien idéal pour celui qui débute, Siam âgé de 7 ans un croisé Beauceron/griffon, qui apprécie aussi de courir avec quiconque le souhaite, Baika, croisée Pointer de 2 ans, mon équipière actuelle en canivtt qui je pense va nous permettre de bien nous amuser dans les années à venir, enfin Dalia croisée de 3 ans, équipière de ma compagne, tous ces chiens sont des chiens recueillis auprès de refuges, règle à laquelle nous n’avons jamais dérogé comme de nombreux canicrosseurs de la FSLC. J’assume la charge de Président de la FSLC depuis sa création soit depuis 5 ans, mon passé sportif débute vers l’âge de 10 ans par des 1ères licences en athlétisme, spécialiste du 800 m je suis passé progressivement aux courses sur route à la trentaine jusqu’au marathon avec quelques satisfactions, et puis lassé du bitume j’ai découvert une activité émergente en 1990 ; le canicross dans laquelle j’ai embarqué pendant plus de 10 ans l’ensemble de ma famille, nos chiens à l’époque nous ont permis de glaner de  beaux podiums : Des Championnats de France en passant par ceux d’Europe et même du Monde.

A : Racontez nous l’Histoire de votre fédération 

L.Y : La Fédération des Sports et Loisirs Canins est née un 14 juillet 2007 (cela ne s’invente pas ) la décision ayant été prise un soir dans un pré lors d’une finale des Chiens d’Or à Poligny (Hautes Alpes) en présence de nombreux compétiteurs, ceci faisant suite au clash avec la Fédération Française des Sports de Traîneau à laquelle nous nous étions associés (via une association dénommée FAC), au sein d’un Groupement Sportif National, malheureusement nous nous sommes rapidement rendus compte que nous avions les pieds et les poings liés par ce « contrat » en effet si nous avions une certaine marge en ce qui concerne notre mode de fonctionnement journalier, nos Statuts notre Règlement Intérieur par exemple ne pouvaient être validés qu’avec l’aval de la FFST lors de leur Assemblée Générale à laquelle notre association ne bénéficiait que d’une seule voix lors des votes, nous avons alors réalisé que nous n’avions plus aucune autonomie, ce système mis en place permettait de se prémunir de la « prise du pouvoir » des licenciés monochien  (canicroseurs et canivététistes) au sein d’une fédération comptant dans ses effectifs une quasi majorité de mushers (Le Président de la FFST de l’époque me l’ayant avoué). Nous avons donc retrouvé notre liberté par la création de la FSLC, avec le recul nous n’avons pas le moindre doute en ce qui concerne notre décision, nous avons fait le meilleur choix qui soit .A partir de cette époque nos rapports avec les dirigeants de cette structure et qui sont toujours en place n’ont pas évolué, sauf que notre but étant de faire progresser le sport monochien en France, nous coopérons d’une manière très étroite avec des Présidents des clubs de la FFST (Nanook, Les Loups Vauclusiens..) et avec lesquels nous entretenons d’excellentes relations  par l’organisation commune d’épreuves. Ces clubs gérant la partie attelages et la FSLC celle du canicross et du canivtt

 

A : Quelles sont les fonctions principales de la FSLC ?

L.Y. : La fédération se doit de remplir un rôle fédérateur comme son nom l’indique, rassembler les forces en présence et développer le sport monochien par tout moyen mis à notre disposition, elle veille au respect des règles techniques, de la sécurité en particulier celle des chiens, et surtout au respect des règles de déontologie de la discipline, elle s’occupe de la mise à jour du site, de la mise en place du calendrier, elle se charge de la formation des juges de course, la médiatisation de nos disciplines par tous les supports (papier, audio visuel,  internet…)  Le liant se compose de nos statuts, de divers règlements (Règlement Courses-Règlement intérieur-Règlement disciplinaire…) de l’organisation de Championnats Fédéraux ou encore du Challenge National. La FSLC est composée d’un Comité Directeur, de commissions mais aussi de nombreuses personnes travaillant pour elle en parallèle (médiatisation, vétérinaires…) de clubs, d’organisateurs de compétitions de tous horizons et bien sûr d’adhérents qui ne sont pas en restent par leur action afin de faire connaitre et reconnaitre le sport monochien. Concernant notre aide aux sportifs à 2 ou 4 pattes elle reste modeste, notre politique est de ne pas grever le budget des familles lors de la prise d’adhésion en la maintenant à un prix modeste pour une couverture en matière d’assurance très intéressante (Adhérent+chien   ) d’où un budget fédéral en adéquation avec cette dernière, nous consacrons l’essentiel de notre budget à des opérations touchant le maximum de nos adhérents en particulier lors de Championnats Fédéraux ou Internationaux.

A : Comment est organisée votre fédération ? Est-ce une structure aux moyens particuliers ?

 L.Y. : Le comité directeur de la FSLC est gérée uniquement par des bénévoles (Président, vice Président, secrétaire général, secrétaire adjoint, trésorier, chargée de formation et des championnats fédéraux) aidés par des personnes en charge de mission transversales (médias, relation organisateurs, vétérinaires…) que seule la passion aide à réalisée la tâche qu’ils ont accepté de prendre en charge, ils y consacrent beaucoup de temps mais prennent aussi sur leurs deniers personnels afin d’assurer le fonctionnement correct de la fédé, il ne faut surtout pas non plus oublier les juges de courses qui officient gratuitement ou encore les adhérents faisant partie de commissions. Et puis il y a tous ces Présidentes ou Présidents de clubs, ou divers organisateurs qui font que la FSLC existe, eux aussi étant des bénévoles animés d’une passion commune. La politique de la FSLC reste un cas un peu à part dans le monde du sport mais nous y sommes profondément attachés, cette orientation est quasi viscérale.

A : Président d’une fédération, une fonction importante dans votre sport ? 

L.Y. : Vous touchez là un point très sensible car je pense que de nombreux adhérents n’imaginent pas ce qu’est réellement mon rôle, tout d’abord c’est d’accepter de prendre la responsabilité de ce poste,  je me dois de faire vivre au quotidien la fédé et ainsi réglé chaque jour un nombre important de problèmes, répondre à environ une vingtaine de mails, veiller à ce que la fédé fonctionne correctement, et surtout la faire progresser par la volonté de faire avancer l’idée « monochien » , le temps que j’y passe, c’est simple, tout mon temps libre y est consacré (soirées, week-ends, vacances), je rentre du travail j’y bosse avec mon repas sur le coin de la table, reste que j’ai la passion de la compétition donc je profite de ma pause de midi pour m’entrainer avec un casse croûte vite pris sur le chemin qui me ramène au travail. Le week-end je participe aux compétions sachant qu’elles sont bien souvent perturbés par quelques soucis liés à ma fonction, sachant que l’équipe actuelle (ou celle passée) du Comité Directeur de la FSLC m’aide sans compter dans ma tâche et je sais qu’eux-mêmes y consacrent énormément de temps, ils ont toutes ma reconnaissance, sans eux la FSLC ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui, à savoir : le leader de la discipline dans l’hexagone et l’une des nations phares en Europe Je ne privilégie aucune de mes activités extra professionnelles liés à notre sport grâce à un planning rigoureux.

 A : Le canicross un sport à part où le chien est Roi ? 

L.Y : Un coureur ou un vététiste faisant équipe avec un chien, avec ses règles particulières, son esprit, sa démarche vis-à-vis de son équipier qui dans la plupart des cas est fusionnelle, parfois l’osmose parfaite, pour l’ensemble de ces paramètre ce sport est bien spécifique, Je n’emploierai pas pour nos chiens le terme « Roi », mais plutôt « Equipier » à part entière pour lequel nous nous devons d’avoir le plus grand respect, car sans lui nous ne somme plus rien ou du moins pas grand chose, à telle enseigne nos règlements le protège, je pense, effectivement contre toute dérive.

Le particularisme de notre sport est d’arriver à une symbiose parfaite afin que chacun donne le meilleur de lui-même, entrainement spécifique du coureur, du vététiste et du chien sachant que pour ce dernier cela doit rester un jeu et non une contrainte du simple fait qu’il nous faut respecter notre chien qui nous apporte le meilleur de lui-même sans compter, chacun des pratiquants doit l’avoir en mémoire et surtout d’éviter de tomber dans le piège du résultat à tout prix en employant par exemple des méthodes de conditionnement anormal en oubliant les bases mêmes de sa physiologie.

Pour la FSLC ll est clair que le canicross et le canivtt ne peut appartenir aux sports existants du fait de sa particularité. Le canicross’canivtt, un sport se démocratisant ? (comparer vos adhésions en 10 ans et le nombre de clubs aussi l’évolution, et démocratisation de certaines race de chiens : c’est ouvert à tout chiens et arrivée de greyster races qui dépassent certains pays ; homogénéisation des effectifs canins ?). Sans contestation possible la FSLC est à l’origine d’une certaine démocratisation du sport monochien en France, ceci grâce en particulier à la diffusion très régulière d’articles y faisant référence via les médias qui nous sont très fidèles (Papier, internet, audio visuels…), nous avons la chance de compter dans nos rangs une personne passionnée en charge de cette mission et l’avenir est prometteur ainsi nous voyons actuellement l’émergence d’adhérents souhaitant s’investir dans la réalisation de supports permettant de porter à la connaissance du grand public l’existence même de notre sport, sans compter le travail de proximité de nos clubs, relais indispensable.

Tout ceci reste bien sûr modeste vis-à-vis de sports majeurs, néanmoins ce travail paye, nos effectifs ont quadruplés nos clubs ont été multipliés par dix depuis la création de la FSLC, la progression est linéaire.

Concernant les races de chiens pratiquants ces disciplines, elles sont nombreuses cela va du York au Dogue allemand, soit plus de 100 races, parmi les plus « performants » on retrouve les chiens type chasse, mais aussi du Dobermann, ou encore du Beauceron pour le canicross, pour le canivtt on voit l’apparition des Alaskans ou du Greysters (croissement de Braque et de Lévrier Greyhound) des chiens choisis pour leur vitesse en particulier, mais globalement les pratiquants restent sur une race qu’ils apprécient en tant que telle, d’où une multitude de races sur les lignes de départ.

 A : Est-ce un sport peu connu ou mal connu où l’implication des bénévoles est vitale ?

L.Y : Certes le sport monochien reste mal connu du grand public néanmoins sa connaissance depuis la création la FSLC va croissant, nous en percevons une accélération sensible depuis quelques mois, les indicateurs en sont la participation plus importante sur nos épreuves de pratiquants non adhérents à la FSLC, de nouveaux organisateurs qui souhaitent inclure leur compétition à notre calendrier, nous ne rencontrons pas de véritables problèmes d’organisation d’épreuves, notre cahier des charges concernant celles-ci étant un document complet et remis à chaque organisateur permet d’éviter les écueils administratifs, la fédé aide chaque organisateur qui le souhaite dans ses démarches.

Nous voyons également une reconnaissance de plus en plus forte de la part du monde sportif, en particulier celui de la course à pieds des performances sportives de nos adhérents grâce à nos leaders qui vont affronter avec succès des athlètes sur leur propre terrain

Reste maintenant à convaincre les instances supérieures du sport de notre spécificité mais nous restons optimistes car nous avons, depuis quelques moi, une écoute positive au niveau du cabinet du Ministre des Sport.Il s’agit d’un travail de longue haleine mais fort de notre dynamique, nous ne doutons pas un seul instant de notre réussite à terme.

 A : Est  ce que vous êtes content qu’Actusports site d’informations sportives vous consacre une réelle place, visibilité ?

L.Y : Nous sommes conscients que sans les médias nous évoluerons qu’à petite vitesse, qu’Actusports Site de sports d’infos sportives nous consacre un tel intérêt et une rubrique spécifique au canicross et au canivtt, ne peut que nous réjouir.

Votre démarche est de plus est originale car d’ordinaire le contact avec les médias se passe d’une manière inverse, à savoir que c’est nous qui établissons le 1er contact, nous en sommes donc ravis, de plus les quelques articles que vous avez consacré à notre sport sont très plaisants à lire où l’accent sur le respect du chien et notre complicité priment et pour moi cela est essentiel. Enfin je suis persuadé que de nombreux lecteurs découvrant notre sport à travers Actusports ont une connaissance juste de notre activité à travers ces interviews d’athlètes que nous apprécions (parmi d’autres, car la FSLC est riche d’éléments de valeur) ceci pour leurs qualités athlétiques mais aussi morales et qui en donnent la plus belle image qui soit du canicross et du canivtt. Comme j’ai pu vous le dire maintes fois à travers cet interview l’information est le nerf de la guerre, sachez que nous sommes disponibles pour une collaboration étroite, je profite ainsi de vous parler du Trophée des Montagnes épreuve phare de la FSLC, compétition internationale sans équivalent dans le monde qui en sera à sa 6ème cet été du 4 au12 août dans les Alpes et plus précisément dans les stations de l’Oisans en Isère, comme évoqué avec vous un suivi régulier de cette compétition dans Actusports ne peut encore que lui être profitable

A : Parlez nous un peu des projets sportifs de la fédération, et de l’ambition du président ?

L.Y : L’ambition du Président de la FSLC mais aussi celle de son Comité Directeur est de voir notre fédération continuer à progresser sur la même dynamique en matière de croissance, conserver sa place au travers des performances de ces adhérents au niveau d’épreuves internationales comme les prochains Championnats d’Europe qui doivent se dérouler en Angleterre en octobre prochains  que  notre sport soit reconnu comme une activité à part entière, enfin et surtout que nous gardions l’esprit convivial qui anime notre sport sans tomber dans l’élitisme excessif, car à ce jour chacun à sa place au sein de la FSLC

Et sans être dans un optimiste béat je pense que la FSLC a un bel avenir devant elle, la qualité de ses composants (Présidentes et Présidents de clubs, adhérents…), leur enthousiasme, leur passion sont là pour nous en convaincre !

 


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